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Fondé sur la pratique

Lawyers and Doctors for Human Rights (Avocats et médecins pour les droits humaines)

En Syrie, Lawyers and Doctors for Human Rights (LDHR) a tiré parti des connaissances issues de la pratique juridique et médicale pour documenter des tendances de la violence sexuelle à l'encontre des enfants dans les centres de détention du gouvernement. En s'appuyant sur les témoignages directs de survivant.e.s, des documents médicaux et légaux, ainsi que des évaluations psychologiques, leur travail a donné une visibilité à une forme cachée, négligée et insuffisamment étudiée de la violence sexuelle à l'égard des enfants. 

Syrie Enfants privés de liberté
Ce programme est mis en œuvre par Lawyers and Doctors for Human Rights
LDHR Syria
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Poins clés

Conclusions de ces études de cas

Ces études de cas illustrent la manière dont les connaissances issues de la pratique sont mobilisées dans des contextes réels afin d’améliorer la prévention et l'intervention face à la violence sexuelle contre les enfants (VSCE). Chaque étude de cas met l’accent sur ce que les praticiens ou les groupes dirigés par des survivant.e.s ont appris par l’action, la réflexion et la prise de décision dans leurs propres contextes, ainsi que sur la manière dont ces connaissances ont été mises à profit par la suite. 

Possibilité et limites de ces études de cas 

Ces études de cas n’ont pas pour objectif de produire des résultats généralisables. Elles proposent plutôt des perspectives propres à chaque contexte sur la manière dont les pratiques se déploient, sur les défis qui émergent et sur la façon dont les acteurs y répondent en temps réel. L’absence de données d’évaluation ou d’impact ne doit pas être interprétée comme une preuve d’efficacité ou d’inefficacité. 

Comment utiliser ces perspectives dans votre propre travail 

Ces études de cas visent à soutenir la réflexion plutôt qu’à encourager la reproduction à l’identique. Les lectrices et lecteurs pourraient les trouver utiles pour : 

  • identifier des questions à explorer au sein de leur propre pratique ; 
  • reconnaître des dynamiques ou des tensions qui trouvent un écho dans leur propre milieu ; 
  • anticiper des défis d’ordre pratique, éthique ou institutionnel avant qu’ils ne surviennent. 

Utilisation et limites éthiques 

La documentation et le partage des connaissances issues de la pratique exigent de porter une attention rigoureuse à la sécurité, au consentement, aux rapports de pouvoir et aux risques de préjudice, en particulier lorsqu’il est question d’expériences sensibles de violences contre les enfants. Les principes éthiques qui encadrent ce travail sont présentés dans le Cadre d’orientation des connaissances issues de la pratique.

Portée et limites des connaissances partagées 

Chaque étude de cas présente le type et la profondeur des connaissances disponibles dans son propre contexte. Les différences de format, de niveau de détail et d’angle d’analyse reflètent des variations liées aux objectifs, à l’accès et aux conditions dans lesquelles les connaissances ont été documentées et partagées.

Avertissement relatif au contenu 

Certaines études de cas contiennent des descriptions de violence sexuelle à l’encontre des enfants. Chaque étude de cas comporte des notes de contenu précises afin de favoriser une lecture éclairée. Nous vous invitons à prendre soin de votre bien-être pendant la lecture et à l'interrompre au besoin. Si vous avez besoin de plus de soutien, nous vous suggérons de consulter les ressources ci-dessous :

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Contexte

Depuis le début du conflit syrien, en 2011, Lawyers and Doctors for Human Rights (LDHR - Avocats et médecins pour les droits de l'homme) a constaté que la détention et la torture étaient systématiquement utilisées par le gouvernement en tant qu'outils de contrôle politique. Des enfants, à l'instar des adultes, ont subi une détention prolongée dans des conditions extrêmes, incluant la torture, les travaux forcés et la violence sexuelle. Parce que les centres de détention opèrent en secret et les survivant.e.s sont confrontés à la stigmatisation et aux risques de représailles, la violence sexuelle contre les enfants reste largement invisible, faute d'être documentée. 

Les sensibilités politiques du conflit, les restrictions de l'accès aux centres de détention et les sérieux risques de représailles ont rendu pratiquement impossible de mener des recherches formelles. Les données sur la prévalence sont rares, et la plupart des types de données formelles ont été bloqués en raison du contexte de conflit. Les enfants soumis à l'esclavage sexuel en détention étaient non seulement invisibles dans les recherches, mais ils étaient également privés de services efficaces de plaidoyer, de protection et de soutien.  

LDHR, un réseau de professionnels syriens du droit et de la santé, travaille depuis des années pour documenter les violations, y compris celles commises à l'encontre des enfants en détention. En instaurant une relation de confiance avec des survivant.e.s et d'anciens détenu.e.s, ils ont commencé à comprendre l'étendue de la violence sexuelle et jeté les bases de la reconnaissance de l'esclavage sexuel comme une pratique répandue en détention.

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De la réflexion à l'action

Enseignements tirés des connaissances issues de la pratique

Grâce aux témoignages des survivant.e.s, aux entretiens cliniques et aux évaluations psychologiques et médicales, LDHR a produit des connaissances qui ont fait la lumière sur de nouvelles formes d'abus : 

  • L'esclavage sexuel, une nouvelle forme d'abus : Les connaissances issues de la pratique ont révélé que l'esclavage sexuel était une forme systémique et non reconnue auparavant de violence sexuelle à l'égard des enfants dans les centres de détention syriens.
  • Patrons des abus : Les enfants étaient soumis à des travaux forcés combinés à des violences sexuelles, des abus répétés des gardiens et des actes sexuels forcés sous la menace de nouvelles violences ou de la mort.
  • Perspectives centrées sur les survivant.e.s : Les survivant.e.s ont décrit des abus constants et systémiques, ainsi que les mécanismes coercitifs qui les soutenaient, rendant ainsi visibles l'ampleur et la persistance de la violence.
  • Obstacles au signalement et au soutien : Les connaissances issues de la pratique ont mis en évidence les obstacles auxquels les survivant.e.s étaient confrontés pour réclamer justice ou obtenir des soins, notamment la crainte des représailles, la stigmatisation, l'absence de voies de signalement sûres et le manque d'accès aux services.  
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Impact

2 rapports

Ces connaissances, issues de la pratique dans des environnements difficiles d'accès, ont mis en lumière la grave réalité des violences sexuelles sur mineurs en détention, notamment sous forme d'esclavage sexuel.

Sensibiliser

Les rapports ont mis en lumière des formes de violence sexuelle sur mineurs sous-représentées dans les milieux fermés, notamment les zones de conflit.

Plaidoyer informatif

Ces rapports ont fourni une documentation crédible aux mécanismes de justice internationale.

Soutenir les soins centrés sur le survivant

Le rapport recommande des réponses adaptées aux besoins spécifiques des survivants de l'esclavage sexuel lié à la détention, à l'intention des prestataires de services et des acteurs juridiques.

Transmission des connaissances issues de la pratique

  • Violence sexuelle contre les enfants en détention  

LDHR a examiné de graves violations contre les enfants, incluant la torture, la détention arbitraire et la violence sexuelle. En se fondant sur 10 évaluations médicales, l'association a publié un rapport révélant que quatre filles détenues sur cinq avaient subi des violences sexuelles, tandis que trois garçons sur cinq avaient été soumis à la nudité forcée. Les survivant.e.s et les témoins ont confirmé des abus réitérés, y compris des actes sexuels forcés, du harcèlement et des menaces de violence constantes. 

  • Violence sexuelle contre les enfants sous forme d'esclavage sexuel en détention 

En 2022, LDHR a publié un deuxième rapport complet décrivant ses connaissances issues de la pratique et documentant spécifiquement l'asservissement sexuel des adultes et des enfants dans les centres de détention syriens. Le rapport était fondé sur des évaluations médicales menées par les médecins de LDHR, formés au protocole d'Istanbul [1], qui fournit une validation clinique des récits des survivant.e.s et démontre la nature systémique des abus.  

Le rapport avait les objectifs suivants : 

  • Étayer le plaidoyer : Fournir une documentation crédible pour les mécanismes de justice internationaux.
  • Susciter une prise de conscience : Faire la lumière sur des formes insuffisamment reconnues de violence sexuelle contre les enfants dans des milieux clos, notamment dans les zones de conflit.
  • Soutenir les soins centrés sur les survivant.e.s : Recommander des interventions adaptées à l'attention des prestataires de service et des acteurs judiciaires afin de répondre aux besoins spécifiques des survivant.e.s de l'esclavage sexuel dans le cadre de la détention. 

Le travail de LDHR démontre comment les connaissances issues de la pratique peuvent créer des savoirs fondamentaux dans des environnements difficiles d'accès. Si l'impact de ces efforts n'a pas encore fini de se manifester, la documentation représente une étape essentielle pour ouvrir la voie à des interventions futures, des activités de plaidoyer et des recherches. La Syrie ayant été libérée du joug du régime depuis décembre 2024, LDHR explore désormais de nouvelles possibilités pour étendre l'étude. 

 

Pourquoi c’est important : La valeur des connaissances issues de la pratique

Le travail de LDHR souligne le rôle crucial joué par les connaissances issues de la pratique pour révéler des abus qui restent cachés dans des environnements habituellement inaccessibles aux chercheurs. En se fondant sur des récits directs de survivant.e.s et des documents médicaux et juridiques, LDHR a fourni des connaissances cruciales susceptibles de jeter les bases d'une intervention immédiate tout en établissant des priorités de recherche à long terme. 

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Si vous travaillez dans un contexte similaire

L'expérience de LDHR en Syrie montre comment les connaissances issues de la pratique peuvent mettre en évidence des formes de violence qui restent invisibles aux recherches formelles, notamment dans des environnements clos ou politiquement sensibles. Les questions suivantes sont présentées pour orienter la réflexion dans votre propre contexte : 

  • Violence invisible : Certaines formes de dommages affectant les enfants dans votre contexte restent-elles non reconnues ou non documentées en raison du poids du secret, de la stigmatisation ou des risques politiques ?
  • Sécurité de la documentation : Quelles mesures de précaution sont nécessaires pour assurer que les survivant.e.s dont les témoignages sont recueillis sont à l'abri des représailles ou de la retraumatisation ?
  • Détenteurs du savoir de confiance : Qui détient déjà des connaissances crédibles sur ces dommages, et comment leurs perspectives peuvent-elles être incluses pour façonner le plaidoyer et l'intervention ?
  • Révélations sur les systèmes : Quels silences ou lacunes au niveau des réponses institutionnelles les connaissances issues de la pratique contribuent-elles à mettre en lumière dans votre contexte ? 
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Sources

[1] Lawyers and Doctors for Human Rights (LDHR). (2019). No silent witnesses: Violations against children in Syrian detention centres. Lawyers and Doctors for Human Rights.

[2] Lawyers and Doctors for Human Rights. (2022). “Dying a thousand times a day”: Sexual slavery in Syrian detention. Lawyers and Doctors for Human Rights.

[3] United Nations. (2022). Istanbul Protocol: Manual on the effective investigation and documentation of torture and other cruel, inhuman or degrading treatment or punishment (Rev. ed.). Office of the United Nations High Commissioner for Human Rights. https://www.ohchr.org/en/publications/policy-and-methodological-publications/istanbul-protocol 

Dernière mise à jour: 19 avril 2026