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Empowerment and Livelihood of Adolescents (ELA)

Empowerment and Livelihood of Adolescents (ELA) est un programme d'autonomisation des jeunes offrant des espaces sécurisés et une programmation encadrée par des mentor·e·s et soutenue par la communauté.

Ce programme est mis en œuvre par BRAC International
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Points clés

Intervention details (1)

Les clubs de développement pour adolescents.es qui offrent des programmes d’autonomisation socioéconomique en plusieurs volets contribuent à réduire le risque de violence sexuelle à leur égard, en particulier pendant les périodes où ils/elles sont vulnérables. Les programmes offerts sont variés : compétences pour générer des revenus, microfinance ou des transferts de fonds ou de bons, compétences personnelles, activités de loisirs, soutien émotionnel et renforcement de la confiance en soi.

Efficacité de ce type d’intervention

Effective

Stratégie INSPIRE

Environnements sécurisés

Type de données probantes

Essai contrôlé randomisé

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Contexte

En Ouganda, les filles sont confrontées à des risques disproportionnés qui ont un impact sur leurs opportunités éducatives et économiques, tels que la grossesse précoce, le mariage et l'exposition à la violence sexuelle et au sexe transactionnel. Par exemple, une fille sur dix âgée de 15 à 17 ans en Ouganda a eu un enfant ou est enceinte [1]. Plus d'une fille sur trois (35,3 %) subit des violences sexuelles, et près de 11 % subissent des rapports sexuels forcés ou sous pression avant l'âge de 18 ans [2]. Parmi les filles ayant eu des rapports sexuels pendant l'enfance, 14,5 % ont déjà participé à des rapports sexuels transactionnels (sexe en échange d'argent, de faveurs ou de biens), une constatation associée à un risque accru de comportements à risques de VIH, d'automutilation, et d'attitudes favorables à la violence conjugale [3].

BRAC a établi le programme d'Autonomisation et de Moyens de Subsistance des Adolescentes (ELA) pour renforcer tant les compétences de vie des filles et des jeunes femmes que leurs opportunités éducatives et économiques. Le programme vise à accroître leur contrôle sur leur propre corps, en réduisant les expériences de rapports sexuels, de grossesses précoces, et de mariages non désirés.

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À propos du programme

Présentation et mode de fonctionnement

Le programme ELA a débuté sous le nom de Programme de développement des adolescentes (Adolescent Development Program ou ADP) au Bangladesh en 1993. Depuis lors, 9 000 clubs établis ont touché plus d'un million de filles [1]. Maintenant renommé ELA, il a été étendu à cinq pays africains : Ouganda, Tanzanie, Sierra Leone, Soudan du Sud et Libéria [3]. 

En étroite collaboration avec les ministères nationaux de la jeunesse et du genre, les programmes ELA ciblent les filles âgées de 10 à 22 ans qui ne sont pas scolarisées ou qui risquent d'abandonner l'école. ELA offre un soutien social et économique aux adolescentes par le biais d'interventions via des « espaces sécurisés » dans les communautés des filles. Bien que les activités spécifiques varient selon le contexte, le programme offre aux filles des opportunités de construire des réseaux sociaux de pairs par le biais d'activités récréatives, et de développer des compétences de vie et de subsistance par le biais de sessions structurées. Celles-ci incluent le mentorat, l'éducation à la santé et au bien-être financier, la formation professionnelle et, pour les filles plus âgées, l'accès à la microfinance [3]. 

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Impact sur le terrain

ELA a transformé positivement la vie des participantes en améliorant leurs connaissances, leurs compétences et leur auto-efficacité [5, 6]. Les participantes apprennent des compétences de vie essentielles grâce au programme, notamment :

  • Compétences psycho-sociales : Confiance en soi, estime de soi, leadership, négociation, communication et résolution de conflits, esprit d'entreprise, estime de soi, autonomie personnelle pour prendre soin d'elles-mêmes.
  • Compétences de vie : Alphabétisation financière, connaissance des droits, comment prendre des décisions, éviter les grossesses et les mariages précoces, rester à l'école.

Les programmes comme ELA ne sont pas façonnés en présumant que les travailleurs et travailleuses du développement et les concepteur·rice·s de programmes savent le mieux, mais en donnant voix aux préoccupations et aux aspirations des jeunes – et en leur donnant ensuite les moyens de façonner leur propre avenir. ”

Sir Fazle Hasan Abed, Fondateur et Président de BRAC [4]
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ELA en Ouganda

BRAC ELA lifeskills Uganda

Une fille lit un livre d'histoires avec des leçons sur les compétences de vie dans un club ELA en Ouganda. Crédit image : BRAC International.

Avec le financement du Bank Netherlands Partnership Programme, de l'Africa Gender Innovation Lab, du Foreign, Commonwealth & Development Office (FCDO), de Mastercard, de Nike, de la Banque Mondiale, et de l'IGC, BRAC Ouganda a géré le programme ELA de 2008 à 2012. Le programme a touché 50 000 filles scolarisées et non scolarisées âgées de 14 à 20 ans par le biais de 1 200 clubs ELA dans 27 districts [6].

À l'époque, le programme ELA était la plus grande plateforme d'autonomisation des jeunes en Ouganda [5]. L'initiative a fourni aux filles une formation professionnelle, des compétences de vie, et un environnement sécurisé pour se connecter et interagir avec d'autres adolescentes. Les activités du club sont gérées par des filles plus âgées sélectionnées dans les communautés, formées pour dispenser une éducation aux compétences de vie et à la santé sexuelle et reproductive, et encadrer les filles plus jeunes en échange d'une petite somme forfaitaire incitative. Les clubs sont ouverts cinq après-midi par semaine et sont programmés en dehors des heures de classe [5].

Au cours des années suivantes, des entrepreneur·euse·s et des professionnel·le·s ont dispensé des formations aux moyens de subsistance sur les activités génératrices de revenus et l'éducation financière, pour les filles plus âgées non scolarisées (âgées de 15 ans et plus). Après avoir terminé la formation, les participant·e·s deviennent admissibles à recevoir un petit prêt pour capitaliser sur leurs compétences nouvellement acquises. Pour soutenir davantage les filles, des réunions périodiques ont été organisées avec les parents et les ancien·ne·s du village [5].

Le parcours de Noëline. Crédit : BRAC International

Le parcours de Noëline. Crédit : BRAC International

Résultats en Ouganda

Des chercheur·euse·s ont travaillé avec les responsables de programme pour mettre en œuvre un ECR (essai contrôlé randomisé), en assignant des clubs à travers l'Ouganda, en interrogeant 3 522 adolescentes âgées de 14 à 20 ans au début, après deux ans et après quatre ans.

Les résultats de l'évaluation [5,6] ont révélé une :

Baisse de 24 %

des taux de fécondité

Baisse de 30 %

des rapports sexuels non consentis

Augmentation de 48 %

de l'engagement dans les activités génératrices de revenus

Augmentation de 45 %

de l'emploi salarié

Augmentation de plus de 6 fois

des revenus de l'auto-emploi

Augmentation de 3 %

des connaissances sur la grossesse et le VIH

L'augmentation des revenus des jeunes femmes a été évaluée à plus que le coût total de participation (17,90 $ par fille) [5].

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Défis et leçons apprises

Défis

Bien qu'ELA ait montré un impact positif dans des mises en œuvre de haute qualité comme en Ouganda, les responsables de programme ont également documenté les défis liés à sa mise à l'échelle, ce qui peut expliquer les différences d'impact qui dépendent du contexte et de l'adaptation [6].

  • Emplacements dédiés : l'espace fourni pour les activités du club est souvent petit et partagé avec d'autres groupes communautaires, ce qui rend la planification des activités difficile.
  • Matériel de qualité : la disponibilité de matériel pédagogique tel que des livres et des jeux pour engager les filles est importante.
  • Exigences de temps : l'engagement en temps peut rendre la participation difficile pour les filles.
  • Suivi et supervision : peuvent être complexes lorsque les gestionnaires de programme supervisent trop de clubs dans différents endroits [6].

Leçons apprises

  • Engagement communautaire : Impliquer la communauté, par exemple en invitant des ancien·ne·s aux événements et aux réunions liées à la communauté, assure l'adhésion locale [5].
  • Mentorats : Des mentor·e·s formé·e·s dirigent les clubs, favorisant un environnement de soutien [5,6].

 

Avertissement : La qualité de la mise en œuvre est essentielle [7] car des chercheur·euse·s indépendant·e·s en Tanzanie ont déterminé que le programme n'avait pas le même impact qu'en Ouganda [8]. De même, la mise en œuvre en Sierra Leone a montré que si les jeunes adolescentes qui ont participé à ELA ont eu des résultats positifs, les filles plus âgées (âgées de 18 à 25 ans) ont connu beaucoup plus de rapports sexuels non désirés et de rapports sexuels transactionnels après avoir participé à ELA qu'avant [9].

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Sources et contact

[1] Uganda Bureau of Statistics. (2023). Uganda demographic and health survey 2022. UBOS.

[2] Ministry of Gender, Labour and Social Development. (2015). Violence against children in Uganda: Findings from a national survey, 2015. UNICEF.

[3] Chiang, L., Howard, A., Stoebenau, K., Massetti, G. M., Apondi, R., Hegle, J., … & the Uganda Violence Against Children Survey Team. (2021). Sexual risk behaviors, mental health outcomes, and attitudes supportive of wife-beating associated with childhood transactional sex among adolescent girls and young women: Findings from the Uganda Violence Against Children Survey. PLoS ONE, 16(3), e0249064. 

[4] Abed, S. F. H., & Roy, R. (2013). Taking Lessons from Africa’s Youth. Stanford Social Innovation Review. 

[5] Bandiera, O., Buehren, N., Burgess, R., Goldstein, M., Gulesci, S., Rasul, I., & Sulaiman, M. (2020). Women's empowerment in action: Evidence from a randomized control trial in Africa. American Economic Journal: Applied Economics, 12(1), 210–259.

[6] BRAC. (2020). Impact of the Empowerment and Livelihood for Adolescent Programme in Uganda. IERC Research BRIEF. Evidence for Scale

[7] BRAC, Spotlight Initiative, & UNFPA. (2023). Adolescent empowerment at scale: Successes and challenges of an evidence-based approach to young women’s programming in Africa

[8] Buehren, N., Goldstein, M., Gulesci, S., Sulaiman, M., & Yam, V. (2017). Evaluation of an adolescent development program for girls in Tanzania. World Bank Policy Research Working Paper, No. 7961.

[9] Bandiera, O., Buehren, N., Goldstein, M., Rasul, I., & Smurra, A. (2019). The economic lives of young women in the time of Ebola: Lessons from an empowerment program. World Bank Policy Research Working Paper, 8760.

Pour les personnes intéressées à en savoir plus, les coordonnées seront fournies prochainement.

Dernière mise à jour: 08 janvier 2026