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des enfants ont amélioré leur capacité à reconnaître les abus et à y réagir par un comportement de protection approprié (dire non et en parler à un adulte de confiance).
Le programme DeafKidz Defenders utilise une ressource EdTech ludique avec des mini-jeux thématiques et des scénarios pour améliorer la capacité des enfants sourds à reconnaître et à réagir face aux abus en ligne et hors ligne.
Certaines interventions préventives sont parfois adaptées aux besoins spécifiques des enfants handicapés, lesquels ont des besoins d’apprentissage distincts et diverses difficultés à communiquer. Ces enfants sont particulièrement exposés au risque d’être victimes de violence sexuelle.
Efficacité de ce type d’intervention |
Prudent |
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Stratégie INSPIRE |
Éducation et compétences de vie |
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Type de données probantes |
Évaluation avant-après à méthodes mixtes |
Remarque : DeafKidz Defenders intègre à la fois des données probantes et des connaissances issues de la pratique afin de lutter contre les violences sexuelles envers les enfants.
Conclusions de ces études de cas
Ces études de cas illustrent la manière dont les connaissances issues de la pratique sont mobilisées dans des contextes réels afin d’améliorer la prévention et l'intervention face à la violence sexuelle contre les enfants. Chaque étude de cas met l’accent sur ce que les praticiens ou les groupes dirigés par des survivant.e.s ont appris par l’action, la réflexion et la prise de décision dans leurs propres contextes, ainsi que sur la manière dont ces connaissances ont été mises à profit par la suite.
Possibilité et limites de ces études de cas
Ces études de cas n’ont pas pour objectif de produire des résultats généralisables. Elles proposent plutôt des perspectives propres à chaque contexte sur la manière dont les pratiques se déploient, sur les défis qui émergent et sur la façon dont les acteurs y répondent en temps réel. L’absence de données d’évaluation ou d’impact ne doit pas être interprétée comme une preuve d’efficacité ou d’inefficacité.
Comment utiliser ces perspectives dans votre propre travail
Ces études de cas visent à soutenir la réflexion plutôt qu’à encourager la reproduction à l’identique. Les lectrices et lecteurs pourraient les trouver utiles pour :
Utilisation et limites éthiques
La documentation et le partage des connaissances issues de la pratique exigent de porter une attention rigoureuse à la sécurité, au consentement, aux rapports de pouvoir et aux risques de préjudice, en particulier lorsqu’il est question d’expériences sensibles de violences contre les enfants. Les principes éthiques qui encadrent ce travail sont présentés dans le Cadre d'orientation des connaissances issues de la pratique
Portée et limites des connaissances partagées
Chaque étude de cas présente le type et la profondeur des connaissances disponibles dans son propre contexte. Les différences de format, de niveau de détail et d’angle d’analyse reflètent des variations liées aux objectifs, à l’accès et aux conditions dans lesquelles les connaissances ont été documentées et partagées.
Avertissement relatif au contenu
Certaines études de cas contiennent des descriptions de violence sexuelle à l’encontre des enfants. Chaque étude de cas comporte des notes de contenu précises afin de favoriser une lecture éclairée. Nous vous invitons à prendre soin de votre bien-être pendant la lecture et à l'interrompre au besoin. Si vous avez besoin de plus de soutien, nous vous suggérons de consulter les ressources ci-dessous :
Les enfants en situation de handicap sont 3,7 fois plus susceptibles de subir des violences et 3 fois plus susceptibles de subir des violences sexuelles que leurs pairs qui ne sont pas en situation de handicap [1]. Pour les enfants sourds, le risque de violence sexuelle est 2 à 3 fois plus élevé que chez les enfants entendants [2]. Les leaders sourds et les praticien.ne.s de première ligne ont depuis longtemps mis au jour ces réalités derrière les chiffres, en montrant comment la stigmatisation, les préjudices, ainsi que l'absence de voies de divulgation sûres et accessibles rendent les enfants sourds particulièrement vulnérables.
Malgré cette disparité documentée, peu de ressources accessibles sont disponibles pour les enfants sourds afin qu'ils apprennent à connaître les abus et les moyens de se protéger et de demander de l'aide — en particulier dans les milieux à faibles ressources. Les autres obstacles à l'apprentissage comprennent les faibles niveaux d'alphabétisation chez les enfants sourds, les difficultés de communication interpersonnelle et le manque de maîtrise de la langue des signes par la société en général. Tout cela conduit les enfants sourds à avoir des compétences de protection interpersonnelle réduites et à ne pas savoir comment divulguer des informations et obtenir de l'aide lorsqu'ils subissent des abus et des violences. S’il est vrai que l'école est une principale source d'éducation des enfants, elle est également un lieu où des préjudices peuvent survenir. Par conséquent, des interventions efficaces en milieu scolaire pour les enfants en situation de handicap sont absolument nécessaires.
Des élèves sourds d’une école au Pakistan s’amusent avec des mini-jeux DeafKidz Defenders. Crédit : DeafKidz International
DeafKidz International (DKI) est une organisation dirigée par des personnes sourdes et fondée par Steve Crump, qui est lui-même sourd. DKI est née des apprentissages que Crump a tirés de son travail dans des contextes de conflit et post-conflit. Associés à son expertise vécue et son expérience de praticien au sein de communautés de sourds, ceux-ci ont révélé les abus généralisés, mais largement invisibles subis par les enfants sourds. En se fondant sur ces perspectives, DKI a développé DeafKidz Defenders.
La pratique et l'expertise vécue d'enseignant.e.s sourds, de travailleur.se.s de première ligne, de spécialistes numériques et de familles a mis en évidence que les niveaux de lecture des enfants sourds sont souvent inférieurs à ceux de leurs pairs entendants, et qu'ils apprennent mieux au moyen de méthodes interactives et visuelles. Guidé par ces connaissances, le prototype du jeu a mis l'accent sur le consentement, la reconnaissance des abus et l'autonomisation des enfants, pour qu'ils apprennent à dire non quand ils se sentent mal à l'aise. Les commentaires des enfants sourds ont directement façonné son expansion, pour en faire un ensemble plus large de mini-jeux qui enseignent différents comportements de protection.
Le programme DeafKidz Defenders utilise une ressource EdTech ludique avec des mini-jeux thématiques et des scénarios pour améliorer la capacité des enfants sourds et malentendants à reconnaître et à réagir face aux abus en ligne et hors ligne. Parallèlement à cela, une formation spécifique à la protection des personnes sourdes est dispensée aux enseignant·e·s, aux personnes en charge d'enfants et aux autres adultes clés dans la vie de l'enfant. Les connaissances issues de la pratique, acquises au fil des années grâce au développement du programme, ont orienté les principaux choix de conception, notamment l'usage d'un minimum de texte, l'apprentissage ludique visuel et l'inclusion de solides modèles à suivre de personnes sourdes en tant que facilitateurs.
DeafKidz Defenders a été conçu pour être mis en œuvre en milieu scolaire par les facilitateur·rice·s de DKI ou le personnel enseignant des écoles elles-mêmes dans la langue maternelle des enfants (langues des signes nationales). Étant donné le contenu sensible du programme, la prestation se fait dans un environnement familier avec des protocoles de protection où les enfants peuvent discuter en toute sécurité des sujets et où toute divulgation possible est traitée de manière appropriée.
“ Les jeunes enfants sourds sont placés au cœur de notre histoire. ”
Un enseignant présentant DeafKidz Defenders
Des élèves sourds, le personnel scolaire et le personnel de DKI posent pour une photo de groupe « Dites non ! » dans une école en Afrique du Sud. Crédit : DeafKidz Defenders
DeafKidz Defenders a été piloté dans 10 écoles au Pakistan (avec 318 enfants âgés de 7 à 11 ans) et en Afrique du Sud (avec 302 enfants âgés de 5 à 15 ans) entre mai et septembre 2022, par le biais de deux organisations partenaires : Deaf Reach (Pakistan) et Thrive (Afrique du Sud). Les chercheur·euse·s ont utilisé les méthodes suivantes pour évaluer l'efficacité du programme :
Qualitatif :
Quantitatif :
Constatations avant le programme :
Crédit : DeafKidz Defenders
“ Le processus nous a aidés à créer un lien et un réseau de membres de la communauté informé·e·s et autonomisé·e·s. Je me sens inclus·e dans un cercle de soins et ma base de connaissances pour aider à soutenir les enfants a été renforcée. ”
Enseignant·e discutant de DeafKidz Defenders
des enfants ont amélioré leur capacité à reconnaître les abus et à y réagir par un comportement de protection approprié (dire non et en parler à un adulte de confiance).
des enfants ont plus que doublé leurs scores d'évaluation des connaissances en matière de protection.
des enseignant·e·s se sont senti·e·s plus confiant·e·s pour apprendre aux enfants à rester en sécurité.
des enseignant·e·s se sont senti·e·s plus capables de gérer les signalements d'abus.
des enseignant·e·s ont déclaré qu'ils utiliseraient à nouveau DeafKidz Defenders dans leurs classes.
des parents ont déclaré que leurs enfants leur avaient fait part d'une préoccupation pour la première fois après avoir terminé DeafKidz Defenders.
Des élèves sourds en Afrique du Sud reçoivent DeafKidz Defenders, encadrés par un membre du personnel de DeafKidz International. Crédit : DeafKidz Defenders
Les enfants participant à DeafKidz Defenders démontrent une meilleure compréhension des abus et des comportements protecteurs. Un message qui a particulièrement bien résonné auprès des enfants était « dire stop et trouver un adulte de confiance ».
De plus, le programme augmente les connaissances concrètes, et spécifiques en matière de protection aux personnes sourdes, des enseignant·e·s, des parents et des professionnel·le·s. L'évaluation a montré que l'approche innovante et hybride combinant l'apprentissage numérique ludique avec des activités facilitées en face à face était efficace pour aider la plupart des enfants sourds des écoles pilotes à améliorer leurs connaissances sur les abus et les comportements de protection. Le programme est particulièrement efficace pour les enfants ayant un développement langagier plus faible, car ils pouvaient apprendre plus facilement grâce à des éléments visuels et ludiques. Les enfants sont 7 fois plus susceptibles de s'exprimer, de dire non et de demander de l'aide.
Depuis 2022, DKI a étendu le programme à la Zambie et au Kenya. En 2025, plus de 3000 enfants sourds ont été touchés dans ces 4 pays.
“ Je crois en ce travail de tout mon cœur. Nous sommes tou·te·s, chaque adulte dans ce monde, responsables de la sécurité et du bien-être des enfants, y compris des enfants sourds. La plupart des enfants sourds vivent leur enfance sans que leurs droits fondamentaux ne soient respectés. Le travail est difficile et complexe mais nous sommes là, et nous ne nous lasserons pas de faire tout ce que nous pouvons pour protéger les enfants sourds. ”
Debra Clelland, PDG de DeafKidz International
Crédit : DeafKidz Defenders
[1] Jones, et. al. 2012. Prevalence and risk of violence against children with disabilities: a systematic review and meta-analysis of observational studies. https://sci-hub.se/10.1016/S0140-6736(12)60692-8
[2] Sullivan, et. al. 1987. Sexual abuse of deaf youth. American Annals of the Deaf. 132 (4). 256-262. https://muse.jhu.edu/article/385602
[3] Thomas, E. (2022). “I feel strong & powerful”: Evaluation of DeafKidz Defenders pilot. DeafKidz International.
[4] DeafKidz International. (2023). Report of the trustees and financial statements for the year ended 31 March 2023. Chariot House Limited.
Remerciements spéciaux à DeafKidz International pour avoir co-développé cette étude de cas.
Pour celles et ceux qui souhaitent en savoir plus, vous pouvez contacter la directrice générale de DeafKidz International, Debra Clelland, à l’adresse suivante : [email protected].