Réduction de 5 points de pourcentage
de la violence sexuelle à l’égard des adolescentes attribuable à l’intervention au cycle 3 [3], avec des diminutions maintenues au cycle 4 [5].
Un ensemble complet de mesures de protection sociale destiné aux jeunes, combinant un soutien économique, des formations complémentaires sur les moyens de subsistance et la santé sexuelle et reproductive/le VIH, du mentorat, des subventions productives ainsi que des liaisons avec des services de santé sexuelle et reproductive et de lutte contre le VIH adaptés aux adolescent.e.s.
Les interventions à composantes multiples (« cash plus »), qui combinent différentes activités de soutien comme les transferts monétaires, le développement des compétences, la mobilisation communautaire et les séances de prévention de la violence sexuelle, se révèlent efficaces pour prévenir la violence sexuelle à l’encontre des enfants.
Efficacité de ce type d’intervention |
Prometteuse |
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Pilier INSPIRE |
Revenus et renforcement économique |
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Type de donnés probantes |
Essai contrôlé randomisé |
Crédit photo : UNICEF Tanzanie
En Tanzanie, les adolescent.e.s font face à une combinaison de défis croisés relatifs à la santé, l’éducation et la situation économique, ce qui accroît leur vulnérabilité au mariage précoce, au décrochage scolaire, aux grossesses non planifiées, à l’infection au VIH et à la violence. Près de trois filles sur dix (27,9 %) et plus d’un garçon sur dix (13,4 %) âgés de 13 à 24 ans en Tanzanie ont déclaré avoir subi au moins un incident de violence sexuelle avant l’âge de 18 ans [1]. Dès 13 ans, certains jeunes en Tanzanie sont déjà reconnus comme chefs de ménage, tandis que d’autres peuvent se marier dès l’âge de 14 ans [2].
Face à ces défis et à la nécessité d’accompagner les adolescent.e.s dans leur transition entre l’enfance et l’âge adulte, le gouvernement de Tanzanie a mis en place le programme Ujana Salama (« Jeunesse en sécurité » en swahili). Le programme ciblait les adolescent.e.s issus de ménages en situation d’extrême pauvreté participant au Programme national de filet de sécurité sociale productif (PSSN – Productive Social Safety Net), le programme de protection sociale phare du gouvernement, qui offre des transferts monétaires, des travaux publics durant la période de soudure et des activités de renforcement des moyens de subsistance. Ujana Salama a combiné formations aux savoir-faire pratiques, mentorat et renforcement du système de santé en les intégrant au programme PSSN existant, dans le cadre d’un modèle intégral « cash plus » conçu pour répondre aux vulnérabilités propres aux adolescent.e.s et les autonomiser en vue d’un avenir meilleur.
Séance de formation aux savoir-faire pratiques destinée aux adolescentes dans la région de Mbeya en 2018. Crédit photo : UNICEF Tanzanie/2018.
Ujana Salama est une intervention « cash plus » multisectorielle unique, mise en œuvre par le gouvernement, visant à améliorer le bien-être des adolescent.e.s vulnérables en combinant un soutien financier à des formations aux savoir-faire pratiques, du mentorat et un meilleur accès à des services de santé sexuelle et reproductive (SSR) et de lutte contre le VIH adaptés aux adolescent.e.s. Le programme cible des jeunes âgés de 14 à 19 ans vivant dans des ménages en situation de pauvreté et participant au Programme national de protection sociale du gouvernement de la République Unie de Tanzanie (PSSN), mis en œuvre par une entité publique, le Fonds tanzanien d’action sociale (TASAF - Tanzania Social Action Fund ). À l’échelle nationale, le PSSN touche un million de ménages. Ujana Salama repose sur trois composantes principales :
Ujana Salama a été mis en œuvre de 2018 à 2019 dans quatre districts ou conseils locaux du sud de la Tanzanie continentale, soit Mufindi, Mafinga, Rungwe et Busokelo. Le programme a mobilisé les jeunes lors de séances de groupe hebdomadaires pendant 12 semaines et a offert, sur une période de 10 mois, un mentorat post-formation ainsi que des liaisons avec des services de santé. Ujana Salama autonomise les adolescent.e.s grâce à des compétences et des ressources nécessaires pour bâtir un avenir sûr, en intégrant appui économique, savoir-faire pratique et accès aux services de santé.
Crédit photo : The Transfer Project
L'UNICEF Innocenti – Bureau mondial de la recherche et de la prospective, EDI Global et l’université de Buffalo, en collaboration avec l’UNICEF, le TASAF et la Commission tanzanienne de lutte contre le sida (TACAIDS), ont mené une étude longitudinale rigoureuse sur plusieurs années, fondée sur un essai contrôlé randomisé par grappes (ECRg), afin d’évaluer l’efficacité du programme. L’évaluation a mesuré les effets immédiats et à plus long terme sur les résultats en matière de santé, de situation économique et de bien-être social des adolescents. Elle comprend des enquêtes et des entrevues qualitatives réalisées avant le projet (2017), à mi-parcours dans le cadre du cycle 2 (2018), ainsi qu’au suivi final après 24 mois, dans le cadre du cycle 3 (2019). Un échantillon longitudinal de 2 053 jeunes a participé aux quatre cycles de collecte de données, le cycle 4 ayant eu lieu 18 mois après la fin des activités de l’intervention, en 2021. En complément, des enquêtes ont été menées dans 100 établissements de santé et auprès de dirigeants de 130 communautés afin de fournir un contexte plus large.
Principaux résultats quantitatifs :
À noter également :
de la violence sexuelle à l’égard des adolescentes attribuable à l’intervention au cycle 3 [3], avec des diminutions maintenues au cycle 4 [5].
du nombre de participants masculins déclarant avoir perpétré des actes de violence physique à la suite de l’intervention (cycle 3).
des connaissances en matière de prévention du VIH (cycles 2 et 3).
*[4]du dépistage du VIH au cours des 12 mois précédents (cycle 3).
de la probabilité de présenter des symptômes dépressifs douze mois après l’intervention, bien que cet effet se soit inversé lors de l’évaluation finale (cycle 3).
*[6]
Crédit photo : UNICEF Tanzanie
Ujana Salama présente un potentiel élevé, les effets positifs observés au cycle 2 s’étant maintenus au cycle 3, et le programme continuant, au cycle 4, de réduire le risque de violence sexuelle à l’égard des filles. Le programme a mis en évidence l’importance des ensembles complets de mesures de protection sociale qui agissent à la fois sur les facteurs liés à la demande et à l’offre, en combinant un soutien économique, des formations aux moyens de subsistance et aux savoir-faire pratiques, ainsi que des mécanismes de renforcement des services de santé du côté de l’offre.
Selon l’UNICEF, « Le modèle Ujana Salama est transformateur pour lutter contre la pauvreté multidimensionnelle chez les adolescent.e.s, tout en atténuant les risques associés à des transitions vers l’âge adulte non sécuritaires. » [5]
Ujana Salama renforce les effets des transferts monétaires en offrant aux jeunes des formations complémentaires sur les moyens de subsistance et la SSR/le VIH, du mentorat, des subventions productives, ainsi que des liaisons avec des services de SSR/VIH adaptés aux adolescents. Les conclusions de l’étude à mi-parcours ont révélé des effets positifs sur les connaissances en matière de VIH et de SSR, une amélioration des attitudes favorables à l’égalité entre les sexes et une hausse des aspirations à entreprendre une activité économique.
[1] United Nations Children’s Fund (UNICEF), U.S. Centers for Disease Control and Prevention (U.S. CDC), Muhimbili University of Health and Allied Sciences. (2011). Violence Against Children in Tanzania Findings from a National Survey 2009. Dar El Salaam: United Republic of Tanzania.
[2] Hosegood V., Floyd S., Marston M., Hill C., McGrath N., et al. (2007). The effects of high HIV prevalence on orphanhood and living arrangements of children in Malawi, Tanzania, and South Africa. Population Studies, 61, 327-36. https://doi.org/10.1080/00324720701524292
[3] Palermo, T., Prencipe, L., Kajula, L. & Tanzania Cash Plus Evaluation Team. (2021). Effects of government-implemented cash plus model on violence experiences and perpetration among adolescents in Tanzania, 2018‒2019. American Journal of Public Health, 111, 2227-2238. https://doi.org/10.2105/ajph.2021.306509
[4] UNICEF Innocenti – Global Office of Research and Foresight. (2021). Ujana Salama: Cash Plus Model on Youth Well-Being and Safe, Healthy Transitions–Midline Findings. UNICEF, Florence. https://doi.org/10.18356/26642166-2020-22
[5] UNICEF Innocenti – Global Office of Research and Foresight. (2024). Tanzania Adolescent Cash Plus Evaluation Team, ‘Ujana Salama: A Cash Plus Model for Safe Transitions to a Healthy and Productive Adulthood: Round 4 Findings’. UNICEF, Florence.
[6] Prencipe, L., Houweling, T.A., van Lenthe, F.J., Kajula, L., & Palermo, T. (2022). Effects of Adolescent-Focused Integrated Social Protection on Depression: A Pragmatic Cluster-Randomized Controlled Trial of Tanzania’s Cash Plus Intervention. American Journal of Epidemiology, 191, 1601–1613. https://doi.org/10.1093/aje/kwac093
Un remerciement particulier à l’UNICEF Innocenti – Bureau mondial de la recherche et de la prospective pour la co-conception de cette étude de cas.
UNICEF Innocenti – Bureau mondial de la recherche et de la prospective: Nyasha Tirivayi, [email protected].
Chercheuse principale de l’étude Ujana Salama : Tia Palermo, [email protected].